Justice : La CEDEAO condamne l’Etat togolais pour les coupures d’internet de septembre 2017

  • 26/06/2020 (Copyright togo-online.net)

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    La cour de justice de la CEDEAO a qualifié de « violation de la liberté d’expression » la restriction de l’internet opéré au Togo en septembre 2017. Amnesty international salue une victoire très importante pour les droits humains dans le pays.

    La Cour de justice de la communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest a reconnu ce jeudi que les autorités togolaises ont violé le droit d’expression des citoyens du pays en coupant internet lors des manifestations de l’opposition en 2017. Dans son délibéré, la justice de la CEDEAO a affirmé que la restriction de l’accès à internet observée dans le pays d’abord entre le 5 et 10 septembre 2017 puis du 19 au 21 septembre de la même année n’était pas fondée.
    Les plaignants, dont Amnesty international au Togo, ont salué une grande victoire pour les droits humains dans le pays. La justice de la CEDEAO a appelé les autorités togolaises à s’assurer qu’une telle situation ne se reproduise plus, a déclaré le directeur régional adjoint pour l’Afrique de l’ouest et l’Afrique centrale à Amnesty international Marceau Sivieude.
    En décembre 2018, sept organisations non gouvernementales installées au Togo ainsi qu’une journaliste tenant un blog ont saisi la cour de justice de la CEDEAO contre les autorités du Togo pour avoir violé la liberté d’expression dans le pays.
    Pour les plaignants, les coupures d’internet font partie de l’arsenal instauré par le pouvoir de Lomé pour empêcher les manifestations de l’opposition engagées dans le pays depuis la mi-août contre les réformes constitutionnelles qui visaient entre autres la limitation du nombre de mandats présidentiels. Le gouvernement togolais avait interdit ces différentes manifestations et a fait usage de la force pour disperser les protestataires. Lors des manifestations, les forces de sécurité ont tué 11 personnes dont des enfants. Des centaines d’autres militants avaient été arrêtés.
    Mais au-delà de cette manifestation perturbée, les coupures d’internet ont empêché les togolais à communiquer entre eux et à vaquer à leurs obligations personnelles et/ou professionnelles.
    Cette restriction de l’accès à internet a eu de lourdes conséquences sur la vie socio-économiques du pays. Les personnes vivant au Togo ont eu du mal, selon les plaignants, à transférer de l’argent vers leurs proches et vice versa.