Toujours pas de sécurité en Côte d'Ivoire
Mai 29, 2011
Des crimes continuent d'être commis dans l'ouest de la Côte d'Ivoire, ce qui pousse des habitants à fuir la région, c'est le sens de l'alerte donnée par la commission d'enquête internationale sur les violations des droits de l'Homme dans le pays.
"Les populations dans cette zone-là vivent dans une insécurité totale et dans le désarroi", affirme la commission.
"Pour que la paix soit durable, il est essentiel de mettre fin à l'impunité, la réconciliation ne pouvant se faire sans justice".
Créée par le Conseil des droits de l'Homme de l'ONU basé à Genève, la commission indépendante doit présenter son rapport le 15 juin, après avoir achevé vendredi à Abidjan un séjour de près de quatre semaines dans le pays.
Selon la force onusienne en Côte d'Ivoire (Onuci), ce sont plus de mille personnes qui ont été tuées dans l'Ouest, entre décembre et avril; dans cette région, la crise politique a exacerbé des tensions interethniques anciennes.
"L'Opération des Nations unies en Côte d'Ivoire (Onuci) ne peut pas protéger tous les Ivoiriens des violences qui se poursuivent dans leur pays", a déclaré samedi à Dakar Choi Young Jin, chef de l'Onuci.
" On ne peut pas être sur chaque cas, c'est irréaliste, avec 10.000 hommes, on ne peut pas protéger tous les Ivoiriens qui sont 20 millions", a déclaré M. Choi.
" La première responsabilité de la protection des civils incombe aux autorités ivoiriennes. » Les autorités ivoiriennes ont selon lui à leur disposition quelque 200.000 hommes, membres de l'armée, de la gendarmerie et de la police, qui, à son sens, doivent être regroupés en une seule structure.
M. Choiparticipait à Dakar à une réunion des chefs des missions de paix de l'ONU en Afrique de l'Ouest (Côte d'Ivoire, Liberia, Sierra Leone et Guinée Bissau).
Son homologue du Libéria voisin, Ellen Margrethe Loj, a pour sa part annoncé que des discussions ont lieu entre la mission de l'ONU dans ce pays et l'Onuci pour surveiller la frontière entre les deux pays et tenter de prévenir la circulation d'hommes armés, miliciens ivoiriens et mercenaires libériens.
Le gouvernement libérien a fait état de l'arrestation récente sur son territoire de plusieurs de ses ressortissants, une centaine, selon Mme Loj, accusés d'être des mercenaires ayant participé aux violences post-électorales en Côte d'Ivoire.
Tweet