L'Assemblée reprend ses travaux au Burkina: la crise de conscience des députés
Les députés du Burkina ont repris le chemin de l’hémicycle depuis une semaine, dans la discrétion. L’Assemblée Nationale avait été suspendue un mois auparavant, avec la dissolution du gouvernement.
Cette dissolution était intervenue en écho à la crise sociale que vit le pays depuis le début de l’année, qui implique différents acteurs de la société : militaires, magistrats, commerçants, étudiants, paysans.
M. Compaoré avait nommé le 18 avril un nouveau Premier ministre, Luc Adolphe Tiao, qui a formé un nouveau gouvernement. Et les travaux de l’Assemblée Nationale ont donc repris, dans un contexte marqué par l’incertitude.
Pour le président du principal groupe parlementaire de l’opposition, les travaux ont certes repris mais la sérénité n’est pas au rendez-vous. Les députés ont l’impression d’avoir failli à leur mission de relayer les préoccupations des populations auprès de l’exécutif. Nestor Bassière affirme que même les députés de la majorité présidentielle sont dans cet état d’esprit. Pour lui, l’apparente normalité qui règne avec la reprise des activités parlementaires n’est qu’une illusion.
Le 25 mai, les députés devraient voter une nouvelle loi pour l'exécution du budget 2011. Ce budget a été réaménagé car rappelons-le, des mesures budgétaires ont été prises par le gouvernement pour faire face à la crise. Citons par exemple les opérations de lutte contre la vie chère qui visent à maintenir le prix du riz, de l’huile, du sucre etc. Ou bien la suppression de la taxe communale, ou encore les primes accordées aux militaires pour calmer leur colère. Le nouveau budget est de 1. 251 milliards FCFA (plus de 1,9 milliard d'euros) avec un déficit de 238 milliards FCFA (près de 363 millions d'euros) contre 164 milliards de FCFA (250 millions d'euros) au budget initial.
Pour Nestor Bassière toujours, le gouvernement souhaite juste que l’Assemblée avalise ces mesures, qui sont pourtant dérisoires pour lui. Il dénonce un empiètement de l’exécutif sur le législatif, et l’impossibilité pour les députés de l’opposition de faire entendre leur voix.
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