40 jours ou 12 mois ! L’imbroglio de la transition au Mali
La durée de la transition au Mali est en passe de porter un coup dur aux pourparlers de sortie de crise entre la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) et l’ex-junte dirigée par le capitaine Amadou Haya Sanogo.
A cinq jours de la fin de la transition, telle que le stipule la constitution du Mali et intenables pour l'organisation sous régionale, les deux parties ne s’accordent toujours pas sur la durée de l’intérim et le maintien ou non de Dioucounda Traoré.
La transition telle que le stipule la constitution malienne prend fin quarante jours après l’installation du président par intérim. Dioucounda Traoré investi le 12 avril en tant que président par intérim, devrait quitter le pouvoir le 22 mai après l’organisation d’élections libres et transparentes pour rendre le pouvoir aux civils par la voix des urnes conformément à la constitution.
L’ex junte tient au respect de cette date alors que l’accord-cadre conclu le 6 avril par le CNRDRE (Comité National pour le Redressement de la Démocratie et pour le Rétablissement de l’État) et la CEDEAO, reconnaissant que les 40 jours n'étaient pas tenables, fixe la transition à douze mois.
Alors que la durée de la transition et le maintien ou non du président intérimaire, fait l’objet de controverse, Dioucounda Traoré jette de l’huile sur le feu en s’opposant à l’organisation d’une convention nationale proposée par l’ex-junte.
Le capitaine Amadou Sanogo a appelé lundi à l’organisation d’une « convention avec toutes les forces vives de la Nation, sans exclusion aucune sous la haute présidence" du chef de l'Etat par intérim, dont le principal objectif est "le choix du président de la transition ».
Après une rencontre avec le président en exercice de la CEDEAO Alassane Ouattara mercredi à Abidjan, le président intérimaire du Mali a jugé que la convention n'est pas une solution pour sortir de la crise.
« C'est une proposition mais je ne pense pas que ce soit une solution, en tout cas ce n'est pas une solution qui est prévue par l'accord-cadre qui a été signé le 6 avril entre les ex-putschistes et la Cédéao » a déclaré Dioncounda Traoré.
Sa visite en Cote d’ivoire fait suite à une réunion mardi à Kati (siège du CNRDRE) avec le Premier ministre, Cheickh Modibo Diarra, et le président du CNRDRE, le capitaine Sanogo.
Pour justifier le coup d’Etat, les militaires avaient évoqué le «sous-équipement» des soldats maliens au nord qui faisaient face aux Mouvement national de libération de l’Azawade (MNLA).
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