Presse ivoirienne: l'appel de RSF et de la FAJ
Le Patriote, un journal ivoirien est réapparu dans les kiosques. Les journaux n’avaient pu paraître à Abidjan ces dernières semaines, pour des raisons de sécurité. Le retour en kiosque de ce quotidien est donc un signal fort. Le retour à la normale sur la scène médiatique semble être en train d’être enclenché en Côte d’ivoire. Reporter Sans Frontière, depuis Paris, salue en tous les cas ce retour. L’organisation de défense de la liberté de la presse a appelé le gouvernement ivoirien à respecter cette liberté, et la diversité médiatique.
L’organisation estime que la crise en Côte d’Ivoire a particulièrement affecté la liberté de la presse. Le processus de réconciliation annoncé par le nouveau gouvernement doit englober les médias et les journalistes dans le respect de la pluralité des voix et de toutes les tendances confondues.
Ecoutez Ambroise Pierre, responsable pour l'Afrique à reporters Sans Frontières
De son côté, la Fédération Africaine des Journalistes (FAJ) pointe du doigt les menaces dont font l’objet certains journalistes soupçonnés par exemple d’avoir soutenu le régime de Laurent Gbagbo.
La FAJ a donc appelé jeudi le nouveau gouvernement en Côte d'Ivoire à enquêter sur les rapports concernant ces journalistes menacés de vengeances. D’après la Fédération, des journalistes sont obligés d’entrer en clandestinité et craignent d’être tués. Sont visés particulièrement les journalistes qui travaillaient pour les médias d'État et les médias privés proches de l'ancien chef de l'Etat.
"Nous prenons acte de l'appel du nouveau gouvernement ivoirien pour la tolérance et exhortons les autorités à protéger les journalistes qui sont victimes de la chasse aux sorcières en raison de leur travail au cours de la crise", a déclaré Omar Faruk Osman, Président de la FAJ. " Il est temps de promouvoir le processus de guérison qui mènera à la création d'une société libre et moderne, où les médias jouent leur rôle de modérateur de dialogue et de débat démocratique".
La FAJ exhorte aussi le Président Alassane Ouattara à lancer d'urgence une enquête sur la disparition du journaliste français Guy-André Kieffer disparu à Abidjan le 16 avril 2004, alors qu'il enquêtait sur le commerce du cacao en Côte-d'Ivoire.
Pour Monsieur Faruk, l’engagement du gouvernement pour faire la lumière sur la disparition du journaliste est un cas test de l'engagement du Président Ouattara à mettre fin aux pratiques d'impunité pour la violence perpétrée contre des journalistes".
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