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RSF dresse l’état de la presse avant et après les transitions en Guinée et au Niger

Juli 28, 2011

Le nouveau rapport de mission que publie ce jeudi Reporter Sans Frontières (RSF) est intitulé «Une page se tourne» Espoirs pour la liberté de la presse au Niger et en Guinée. L’organisation de défense de la liberté de la presse tire le bilan des relations entre la presse et les transitions. Dans les deux pays, les transitions sont survenues à des moments où la liberté de la presse connaissait des heures sombres. RSF parle aussi des relations avec les nouveaux pouvoirs démocratiquement élu.

 

En Guinée comme au Niger, les transitions ont été portées par deux hommes, deux militaires, Sékouba Konaté et Salou Djibo, dont Reporter Sans Frontières salue l’action. Tous deux ont conduit des transitions apaisées qui ont débouché sur l’organisation d’élections libres et transparentes, auxquelles ils ne se sont pas portés candidats. Tous deux ont permis à la liberté de la presse de faire un pas en avant, écrit Reporter Sans Frontières.

Après les transitions, ces pays sont entrain de suivre des trajectoires différentes. En Guinée, plusieurs questions restent en suspens, suscitant des interrogations sur la volonté du gouvernement du président Alpha Condé de consolider la liberté de la presse.

La loi sur la liberté de la presse, celle portant création de la Haute Autorité de la Communication (HAC) et celle sur l’accès à l’information ont toutes les trois été promulguées par le général Sékouba Konaté, en juin et en décembre 2010. Elles attendent toujours d’être publiées au Journal officiel. Aucune n’est appliquée à ce jour.

En Guinée, Reporters sans frontières a constaté que les autorités utilisaient régulièrement l’argument de la «fragilité du tissu social» pour justifier leur méfiance vis-à-vis des médias, voire d’éventuelles mesures répressives. Certains médias se sont effectivement radicalisés depuis la tenue de l’élection présidentielle. «Je vois poindre des signes inquiétants», a confié le ministre guinéen de la Justice, Maître Christian Sow.

 

Au Niger en revanche, Mahamadou Issoufou a déjà fait preuve de son respect pour le travail des médias et s’est publiquement engagé à défendre la liberté de la presse.

En tant que candidat au second tour de l’élection présidentielle, il a signé, le 5 mars 2011, la «Déclaration de la Montagne de la Table», un texte adopté en juin 2007 au Cap, en Afrique du Sud, qui promeut la liberté et l’indépendance des médias. Sollicité par plusieurs organisations, dont Reporters sans frontières, pour signer à nouveau cette déclaration en tant que chef d’Etat élu, le président Issoufou a déclaré y être favorable et a fait part de sa volonté d’être l’«avocat» de la liberté de la presse auprès de ses pairs africains.

Le 16 juillet 2011, face à un parterre de journalistes de la presse publique, privée et internationale, à l’occasion des 100 jours de son investiture comme président élu de la République, Mahamadou Issoufou a réaffirmé son attachement à la promotion de la liberté de la presse : «Le travail que fait la presse est important, cela me permet de m’adapter par rapport à la gestion du pouvoir. La presse joue un rôle de veille démocratique dans le pays».

Au Niger, il s’agit de renforcer la dépénalisation des délits de presse. Depuis son adoption, en juin 2010, on observe malheureusement une inflation dans le dénigrement et les articles à caractère diffamatoire. «Nous avons favorisé la liberté de ton et de parole, mais la qualité de la presse a baissé», regrette le ministre de la Justice, Marou Amadou.


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